La nouvelle hécatombe de santé publique : le stress au travail
« Le stress n’est que la soumission avouée à des contraintes non choisies. »
Tous les indicateurs voient rouge, la nouvelle grande faucheuse n’est plus la cigarette mais bien le stress au travail qui d’années en années atteint son baromètre le plus élevé mettant en péril la vie personnelle des salariés. Une poussée d’insatisfaction en passe de devenir un problème de santé publique quand on sait les conséquences du mauvais stress sur notre santé. Parmi les plus tristement connues : troubles du sommeil, dégradation des relations conjugales et idées suicidaires pour les salariés les plus impactés par ce mal moderne que nous avons laissé s’installer perdant tout contrôle sur sa toxicité.
Privé, public, cadres ou employés, cette hécatombe silencieuse concerne tout le monde et détériore un climat social déjà malmené de tous les côtés par les chiffres d’une crise bien décidée à vouloir s’installer durablement. Oubliée quand les temps sont roses, la grève reprend du galon et beaucoup de salariés se disent prêts à planter le piquet si les choses ne s’améliorent pas.
Mais au-delà de ces considérations, le stress au travail est surtout et avant tout devenu le grand problème de santé publique négligé et tabou puisque trop souvent perçu comme un aveu de faiblesse ou une incapacité à résister à la pression. Alors qu’il coûte 2 à 3 milliards par an à l’état de par la pluie d’arrêts de travail qu’il génère, alors qu’il met en péril notre système cardio-vasculaire, le cri d’alerte pour un management de la reconnaissance et du dialogue demeure insuffisamment entendu. La tendance des années 80 de la rivalité tous crocs dehors et de l’individualisme forcené n’a pas encore dit son dernier mot et de nombreuses grandes écoles de commerce tardent à enseigner aux cadres de demain les bénéfices de la qualité de vie au travail. Une qualité de vie incitant à travailler plus et mieux à contrario d’une pression permanente refusée par notre tête et en ricochet par notre corps.
Il est temps que les temps changent.