Indignés par l’envolée des chiffres du stress au travail, qui selon une étude du cabinet Technologia publiée en janvier 2014 attestent que 3,2 millions d’actifs, notamment dans le secteur privé seraient en proie à une grande fatigue nerveuse, trente courageux députés de la majorité ont fait entendre leur voix à l’Assemblée. Au cœur de cette indignation collective : la non reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle impliquant une responsabilité des employeurs. En effet, à ce jour le coût du burn-out est porté par le Régime Général de la Sécurité Sociale pour un montant de plus de 1 milliard d’euros, alors qu’au regard de l’implication de certains employeurs dans cet état de stress il serait équitable que ce coût soit porté par la branche accidents professionnels et maladies professionnelles. Un vent de contestation qui trouve difficilement son écho dans un contexte où le patronat s’oppose au compte de pénibilité.
Pourtant à lire les rapports des divers cabinets spécialisés, le burn-out est bien devenu une pathologie récurrente depuis une vingtaine d’années. Conséquence dramatique de certaines réorganisations écartant la dimension humaine pour favoriser la rentabilité. Qu’ils soient cadres, ouvriers, agriculteurs, petits patrons, c’est aujourd’hui le même mal qui les afflige : l’épuisement. Un épuisement tel qu’il peut parfois conduire au suicide.
Pour les députés en question il ne s’agit pas de diviser davantage salariés et patrons ou d’installer un système punitif visant les employeurs, mais bien de prendre en compte la responsabilité partagée et de reconnaître la douleur de ceux qui se retrouvent en situation de grand stress.
Une grande question d’intérêt général vient donc d’être soulevée par ces trente députés qui osent nous faire prendre toute la mesure de la souffrance au travail. Une souffrance qui s’accroît et qu’une société dite moderne n’est pas en droit de léguer à ses enfants.